L'HISTOIRE DU FESTIVAL
"Douze chapitres d'audace au cœur de Yaoundé."
Dans la ville de Yaoundé, en 2013, une poignée de rêveurs. Dans une capitale où la culture battait à bas bruit, une idée se formait, belle et insensée : créer un festival dédié aux premières œuvres cinématographiques, un festival qui croirait en l’innocence, en la fragilité, en la force du tout premier regard. Cette idée, c’est Sylvie Nwet, militante culturelle infatigable, qui la porte. Autour d’elle, une équipe dévouée : Patricia Mbede, actrice de terrain et coordinatrice du tout début, Ghislaine Atangana, communicante passionnée, et des bénévoles, étudiants, cinéphiles, techniciens, qui croient que le cinéma africain mérite un lieu pour naître, respirer, grandir. Ainsi naît YARHA, en 2013, sous la bannière de Yaoundé Reviv’Art (YARA). Le nom du festival n’est pas choisi au hasard : "YARHA", qui évoque Yaoundé mais surtout une racine, une parole, une terre fertile. En novembre 2014, l’Institut Français de Yaoundé ouvre ses portes à la 1ʳᵉ édition. Le public découvre un festival modeste mais intense, où l’on projette des films de Sembène Ousmane, Steven Spielberg, Sarah Maldoror, et où l’actrice franco-sénégalaise Fatou N'Diaye, marraine de l’événement, insuffle une aura de dignité et d’élégance. Mais dès le départ, YARHA doit se battre. Aucun financement pérenne. Aucune structure publique stable pour soutenir ce pari. Pas de salle dédiée au cinéma. Très peu de mécènes. Juste la conviction, et l’urgence.
En 2015, l’équipe s’élargit. Joséphine Ndagnou et Jean-Pierre Bekolo font entendre leur voix. On commence à parler de cinéma local, de formation, de circuits de distribution. La 2ᵉ édition expose les visages des réalisateurs, lance les premiers ateliers de critique et de scénario, fait vibrer Yaoundé.
En 2016, YARHA s’enracine. La 3ᵉ édition accueille "Bienvenue à Marly-Gomont". Les salles se remplissent. Le public est curieux, jeune, passionné. Des masterclasses sont lancées, avec de grands noms. Les films projetés viennent du Burkina, du Sénégal, de France, du Maroc. L’esprit du festival prend forme : cinéma populaire, exigeant, accessible.
En 2017, une révolution douce s’opère : les enfants entrent au festival. Le programme "Petit-déjeuner cinéma", initié par Blandine Blamcevski, devient l’une des signatures les plus tendres et audacieuses de YARHA. Dans les écoles, les élèves de 6 à 12 ans découvrent le langage des images, les émotions sur écran, les histoires qu’on ne leur raconte jamais à la télévision.
À mesure que les éditions s’enchaînent, les défis s’accumulent : très peu d’infrastructures pour accueillir des projections de qualité, Mais YARHA tient bon.
En 2018, le festival prend une dimension plus urbaine : l’Hôtel de Ville, Canal Olympia, l’IFC deviennent des lieux symboliques. La compétition officielle est structurée. De plus en plus de films camerounais sont sélectionnés. Le public reconnaît ses histoires sur l’écran.
En 2019, YARHA devient politique. Le thème : cinéma et développement durable. On parle d’environnement, de justice sociale, de mémoire. Les débats deviennent plus engagés, plus profonds.
Puis vient 2020. La pandémie. Le monde s’arrête. Le festival résiste. Masques, gels, distanciation… mais les films sont là. Les émotions aussi. Le film "Innocent(e)" de Frank Thierry Léa Malle bouleverse les festivaliers.
Virginie Ehana, dans le rôle de l’adjudant Joséphine Mbuntcha, livre une performance poignante. Elle remporte le prix de la Meilleure Interprétation Féminine, et devient une figure montante du cinéma camerounais.
La 8ème édition du Festival YARHA s'est tenue du 30 octobre au 7 novembre 2021 à Yaoundé, sous le thème "Le cinéma face au numérique". Cette édition a mis l'accent sur l'innovation technologique et l'évolution des modes de diffusion des œuvres cinématographiques africaines.
Le Kazakhstan, la France, le Maroc, le Cameroun, le Canada, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Bénin et d'autres sont présents. Le festival atteint une maturité internationale, tout en gardant son ancrage local. Le jury est 100 % féminin. Mark Warshaw et Olivier Loustau animent des masterclasses. Le festival devient connecté et global.
Dans les écoles de Yaoundé, les enfants discutent déjà d’image, de lumière, d’éthique narrative.
Grâce au programme “Petit-déjeuner cinéma”, CINE TOUR et Alaka Film Lab forment une génération entière à regarder, à penser, à créer.
YARHA devient un espace d’intelligence collective, où les nations se parlent par le prisme des émotions.
YARHA célèbre sa 10ᵉ édition avec la maturité d’un aîné, mais la passion intacte d’un jeune premier.
Du 14 au 21 janvier, Yaoundé devient capitale du cinéma africain.
Thème : “La représentation des femmes dans le cinéma”.
Une évidence, une urgence, une nécessité.
Sonia Chamkhi, cinéaste tunisienne engagée, préside le jury.
La Tunisie, pays invité d’honneur, amène une délégation vibrante, puissante, féminine.
L’Ambassade de Suisse, l’Institut français, TV5Monde, le MINAC, la CUY, le MINPMEESA, le MINEDUB, la CNPS, et bien d’autres institutions soutiennent avec force et constance cette édition anniversaire.
Les moments clés :
Conférences féministes sur les récits oubliés.
Rencontres intergénérationnelles entre cinéastes d’Afrique du Nord et d’Afrique centrale.
Lancement de Yarha Découverte Talents et Yarha Pro.
Projections publiques sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville.
Mais au-delà du prestige, ce sont les frissons dans les salles ainsi que les silences habités après les projections qui marquent les esprits.
YARHA est désormais inscrit dans les agendas culturels du continent.
Du 19 au 26 janvier 2025, la 11ᵉ édition franchit un cap décisif.
Thème : “L’avenir du cinéma en Afrique à l’ère de l’intelligence artificielle”.
L’intelligence artificielle n’est pas abordée comme une menace, mais comme un outil entre les mains des créateurs africains, pour réécrire le futur avec leurs propres algorithmes.
Les enfants de 5 à 10 ans manipulent des caméras numériques, des applications de montage simplifiées, des interfaces interactives avec l’aide de CINE TOUR Alaka Film Lab.
La Suisse est le pays invité.
Le Village International s’étend avec des pavillons venus du Sénégal, de Belgique, du Tchad, de Guinée, du Ghana.
Dans la sélection officielle, 35 films concourent dans 13 catégories.
Le public découvre des chefs-d’œuvre d’esthétique et de sens :
"Terres Anciennes" de Salam Zampaligre
"Enfant Machine" de Achraf Ajraoui
"Les Déserteurs de l’Histoire" de Simon Moutaïrou
Les trophées sont remis dans une atmosphère électrique.
Karine Barclais livre un discours poignant sur l’audace des pionniers africains dans un monde encore inégalitaire.
Virginie Ehana, désormais icône du cinéma camerounais, revient sur scène avec humilité, rappelant que tout a commencé ici, à YARHA.
YARHA 2025, c’est aussi :
des masterclasses sur l’IA et l’écriture de scénario
un colloque universitaire sur les nouveaux médias en Afrique
la création d’un fonds d’accompagnement pour les jeunes cinéastes féminines
des partenariats renforcés avec le Pavillon Afrique de Cannes, le Festival du Film Kazakh, et TV5Monde
Une fréquentation record de près de 3 000 participants (professionnels, étudiants et grand public).
Deux jurys distincts pour évaluer l'excellence technique et artistique des premiers films.
Des sessions de travail intensives avec le MINAC pour renforcer l'accompagnement du 7ème art camerounais.
Une synergie renforcée entre création, formation et diffusion pour construire l'avenir du cinéma africain.
PIONNIERS
Sylvie Nwet
Fondatrice et directrice du Yarha festival
Patricia Moune
Figure centrale de la scène culturelle et cinématographique camerounaise, principalement reconnue pour son rôle de promotion du septième art.
André Ceuterick
Figure majeure de la promotion cinématographique en Belgique, particulièrement connu pour avoir dirigé pendant plus de 30 ans le Festival International du Film d’Amour (FIFA) de Mons
Pascal Judelewicz
Producteur de cinéma et Auteur Français, président de la société Acajou Films.Chorégraphe