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LES TROPHÉES YARHA

De sa création à nos jours

Ces récompenses, portées par la vision de la Semaine Internationale du Premier Film, célèbrent l’audace, l’originalité et la rigueur technique des cinéastes qui osent franchir le pas de la première réalisation. Plus que de simples objets d’art, les trophées Yarha incarnent un label de qualité et un tremplin vers une carrière internationale. Ils témoignent de l’engagement du festival à valoriser la diversité culturelle et à soutenir l’industrie du film en Afrique et au-delà. À travers ses différentes catégories — du prestigieux Yarha d’Or aux mentions spéciales du jury — le festival consacre l’excellence et dessine, chaque année, la cartographie des nouvelles écritures cinématographiques.

aperçu

“  Nous ne remettons pas des trophées pour le plaisir de décorer. Nous le faisons pour favoriser l’insertion professionnelle. Le but est que ces jeunes lauréats rencontrent des producteurs et des aînés qui vont les porter plus loin.”

SYLVIE NWET,
Déléguée générale festival YARHA

L'HISTOIRE DES TROPHÉES

2020

2020 (7ᵉ édition) – Virgin Blade (Cosson Chinepoh)

  • Catégorie : Meilleur Premier Film International
  • Valeur du Prix : À travers ce choix, Yarha souligne la capacité d’un jeune cinéaste camerounais à proposer un premier long métrage solide, à la fois en forme et en fond. Ce prix met en lumière un film local, mais d’une ambition qui dépasse les catégories nationales, positionnant ce premier film comme un jalon de renom.

2023

2023 (9ᵉ édition) – Nartaï (Gulnara Sarsenova, Kazakhstan)

  • Catégorie : Meilleur Film International de Fiction (Yarha d’Or)
  • Valeur du Prix : Ce choix marque la faculté du festival à récompenser un cinéma non africain, mais universel dans ses préoccupations. Nartaï est une création sinueuse, visuelle et émotionnellement dense, qui parle à toutes les cultures. Le prix célèbre ainsi la portée internationale du festival, son ouverture aux regards émergents hors de la géographie africaine.

2024

2024 (10ᵉ édition) – Le voyage de Talia (Christophe Rolin, Belgique/Sénégal)

  • Catégorie : Meilleur Premier Film International (Yarha d’Or)
  • Valeur du Prix : De nouveau dirigé vers une « première œuvre », mais cette fois en coproduction entre Belgique et Sénégal. Cela montre la confiance du festival dans les projets hybrides franco-africains, capables de nouer dialogues culturels et de bénéficier de structures de production diversifiées.

2025

2025 (11ᵉ édition) – Ni chaînes, ni maîtres (Simon Moutairou)

  • Catégorie : Meilleur Premier Film International (Yarha d’Or)
  • Valeur du Prix : Le choix d’un réalisateur (Simon Moutairou) pour son premier film confirme la ligne éditoriale récente : Darcréer une plate-forme forte pour les nouveaux auteurs, à la fois locaux et africains, qui portent des propositions innovantes, engagées, et esthétiquement affirmées.

2026

2026 (12ᵉ édition) – Emna (Bouslama Chamakh)

  • Catégorie : Meilleur Premier Film International (Yarha d’Or)
  • Valeur du Prix : Le sacre de ce film tunisien souligne l’ouverture internationale du festival et son exigence artistique. En récompensant une œuvre qui allie profondeur narrative et maîtrise technique (confirmée par le prix de Didier Varin), le jury réaffirme la mission du Yarha : célébrer des premiers films qui bousculent les codes du cinéma contemporain.

2019

Dès 2019 (6ᵉ édition), le ton est donné avec un choix qui affirme l’ouverture internationale : Le Gangster, le Flic et l’Assassin de Won Tae Lee (Corée). Ce thriller nerveux, primé « Prix du Jury », dit beaucoup du tempérament du comité : valoriser la maîtrise formelle et l’énergie narrative, même lorsqu’elles viennent de loin. Pour une scène camerounaise qui se structure, ce geste inaugural montre que Yarha n’est pas seulement un miroir local ; c’est un carrefour où la densité du cinéma de genre peut dialoguer avec les écritures d’auteur.

2020

En 2020 (7ᵉ édition), la boussole se rapproche d’un cinéma d’auteur francophone au rayonnement africain : le Prix du Jury distingue Boris Lojkin pour Camille. Le film, ancré dans une histoire récente et sensible, témoigne d’une autre facette du prix : récompenser les œuvres où l’éthique du regard compte autant que l’esthétique. En distinguant Camille, le jury rappelle que l’audace peut être morale autant que formelle — choisir de regarder et de raconter là où c’est difficile, avec justesse.

2021

En 2021 (8ᵉ édition), la catégorie prend une respiration subtile : pas de « Prix du Jury » principal dans ce qui est listé, mais une Mention spéciale du jury pour Wee (Elise) dans Terre des Braves de Tim Huebschle (Namibie). Cette mention n’est pas un lot de consolation : elle révèle le pouvoir discrétionnaire du jury d’éclairer une performance ou un geste singulier au sein d’un film. On comprend alors que le « jury » à Yarha n’est pas un bloc monolithique : il sait nuancer, isoler l’éclat d’une interprétation, ménager des espaces d’encouragement là où il perçoit une promesse.

2023

Après une édition 2022 absente de nos éléments, la 10ᵉ édition (2023) marque un retour fort au palmarès principal : Caroline Monnet reçoit le Prix du Jury pour Bootlegger (Canada). Avec ce choix, Yarha confirme sa capacité à reconnaître un cinéma de territoire et d’identité, où la mise en scène dessine des lignes nettes entre intimité, politique et mémoire. Bootlegger s’inscrit dans les récompenses du jury comme une preuve que l’audace n’est pas seulement dans l’excès — elle peut être la précision d’un geste, la clarté d’un point de vue.

2024

En 2024 (14–21 janvier), le jury exerce de nouveau sa liberté avec un Prix spécial du jury attribué à The Ordinary People de Kanika Verma (Inde). L’étiquette « spécial » a ici une valeur claire : souligner un film hors format du classement habituel, un choix de singularité. Le jury affirme son droit à l’exception, pour distinguer une proposition qui, peut-être, ne correspond pas exactement aux critères d’une catégorie principale, mais dont l’impact artistique est indéniable.

2025

Enfin, en 2025 (11ᵉ édition), la dimension « jury » irrigue la compétition court métrage et documentaire avec deux Mentions spéciales du jury : Gobina Charlotte pour Just A Minute (Delphine Itambi) et Mboa e jaï ne de Maxime Jong & Patrick Tessa. C’est l’aboutissement d’un mouvement perceptible depuis 2021 : le jury ne se limite pas au long métrage de fiction, il déploie ses coups de projecteur là où émergent des écritures nouvelles (courts, docs), pour les aider à exister dans l’écosystème.

2026

Le Prix Spécial du Jury Yarha 2026 a été attribué à Orphée Zaza (République centrafricaine) pour son long-métrage Ani Gui Tirani. Cette distinction prestigieuse salue l’audace et la singularité de ce premier film, qui a marqué le jury par sa force narrative et sa maîtrise artistique. Ce prix confirme le rôle du festival comme tremplin majeur pour les nouveaux talents du cinéma africain.

2019

En 2019, le premier lauréat fut « Nirvana » de Boris Nguéma (Cameroun), une œuvre poignante qui explorait la quête d’identité et la fracture sociale avec une énergie visuelle rare. Boris Nguéma, jeune réalisateur prometteur, voyait déjà son style marqué par des plans intimistes et un profond attachement à l’humain. Le film, projeté en avant-première nationale, a bouleversé les spectateurs par sa sincérité brute.

2020

Lors de la 7ᵉ édition (2020), le Prix du Public fut attribué à « Tala Ngai » de Sandra Eyong (Cameroun), un drame social relatant le combat d’une mère célibataire face à un système implacable. La réalisatrice, militante engagée pour les droits des femmes, a trouvé dans ce prix un écho particulier : le film n’avait pas seulement séduit les critiques, il avait profondément touché les spectateurs, souvent émus aux larmes lors des projections.

2021

En 2021 (8ᵉ édition), c’est « Rising Dust » du Nigérian Femi Ogundipe qui remporte la récompense. Ce film, porté par un souffle narratif puissant, traitait de la jeunesse africaine prise entre rêves urbains et réalités rurales. Le public l’a choisi pour son rythme captivant et son message universel, confirmant que le prix Yarha du Public récompensait avant tout la capacité d’un film à fédérer et à toucher sans artifices.

2023

En 2023 (9ᵉ édition), le trophée revient au film « Binti La Survie » du Congolais Erickey XY 93, un récit dur sur la résilience féminine dans un contexte de guerre civile. Ce choix démontre l’évolution du prix : le public s’oriente vers des films courageux, qui osent raconter l’inconfortable et éveillent une conscience collective. Erickey XY 93, encore peu connu, a vu sa carrière propulsée sur la scène internationale grâce à cette reconnaissance populaire.

2024

À la 10ᵉ édition (2024), le prix revient au film « L’Ombre des Ancêtres » de Fatoumata Diallo (Guinée). Cette fresque poétique, entre tradition et modernité, a rassemblé les spectateurs autour d’un récit enraciné dans la culture ouest-africaine. Fatoumata Diallo, réalisatrice émergente, a salué le caractère « authentiquement africain » du Yarha qui valorise les voix locales.

2025

En 2025 (11ᵉ édition), le prix couronne « Fragments de la Mémoire » du Camerounais Olivier Mbarga, un documentaire introspectif sur l’histoire oubliée d’une communauté rurale. La réception enthousiaste du public a confirmé que le prix n’est pas limité aux fictions : il peut aussi honorer des œuvres documentaires fortes.

2019

En 2019, le prix consacre Rahmatou Keïta comme Meilleure réalisatrice de fiction, un signe fort pour la représentation féminine dans un secteur encore dominé par les hommes. Déjà reconnue pour son cinéma engagé, Keïta s’est démarquée par une mise en scène qui allie profondeur culturelle et narration fluide. Cette distinction était associée au 2ᵉ Grand Prix, soulignant la proximité entre qualité de réalisation et reconnaissance globale du film.

2020

L’année suivante, Françoise Ellong, réalisatrice camerounaise, reçoit le prix pour Enterrés, un drame audacieux abordant la mémoire, la vengeance et la quête de vérité. Son langage cinématographique, mêlant tension et sensibilité, a marqué la critique. Ce prix confirme la montée en puissance des réalisatrices africaines et le virage du YARHA vers une reconnaissance internationale des voix féminines dans la réalisation.

2024

Après une pause dans le palmarès documenté (aucune attribution signalée en 2021–2023), le prix revient en 2024 avec Defang Konrad, distingué pour son thriller technologique Caller ID: Unknown. Sa mise en scène, précise et rythmée, montre comment le cinéma africain embrasse des genres modernes, tout en conservant une authenticité locale. Ce retour marque une ouverture du prix à un palmarès mixte, confirmant que l’excellence en réalisation dépasse toute question de genre.

2025

En 2025, Jasmin Gordon est récompensé pour Les Courageux, un film salué pour sa direction d’acteurs et sa composition visuelle inspirée. La maîtrise du cadre et la puissance émotionnelle du récit en ont fait une référence, consolidant la stature du Prix de la Réalisation comme indicateur d’excellence cinématographique.

2019

Le Prix d’interprétation féminine au Yarha naît, dans nos sources, sous la forme d’un signe avant d’être une catégorie pleinement ritualisée : en 2019 il apparaît comme une mention spécialeTatiana Matip reçoit un « Prix spécial — meilleure interprétation féminine ». Ce geste inaugural est important : il dit que le festival a tout de suite voulu repérer et célébrer les voix et les présences féminines, même si la nomenclature n’était pas encore figée. À la même édition, on trouve aussi d’autres mentions d’interprétation (la fiche brute fournie contient plusieurs mentions pour 2019), ce qui montre que dès l’origine Yarha a accordé du poids au jeu d’acteur, en distinguant la finesse des performances féminines quand elles le méritent.

2020

À partir de 2020, la catégorie se formalise : Virginie Ehana est honorée pour sa performance dans Innocente (réalisé par Thierry Franck Léa Malle). Ce prix marque un premier palier : la récompense ne célèbre pas seulement une capacité technique à jouer, elle souligne une interprétation qui porte un film — un rôle charnière, capable d’articuler un propos social et d’attirer l’empathie du public et des critiques. La victoire de Virginie Ehana illustre le rôle du Yarha comme lanceur de carrières : reconnaître une actrice dans un rôle exigeant, c’est lui donner la visibilité nécessaire pour décrocher d’autres opportunités.

2021

En 2021, le prix confirme son enjeu identitaire et générationnel : Faith Fidel (Ekah) est consacrée pour The Fisherman’s Diary (réalisé par Enah Johnscott). Ici encore, le trophée récompense une performance dont la force tient autant au charisme qu’à l’authenticité — une actrice qui porte un récit sur ses épaules et donne chair à des préoccupations collectives (éducation, résistances individuelles, transmission). Le choix de Faith Fidel montre que Yarha privilégie les interprétations qui créent de la résonance communautaire et sociale.

2023

La résonance internationale s’accentue à partir de 2023 : Jasmyne Basile Hébert est distinguée pour Bootlegger (Caroline Monnet, Canada). Ce prix souligne une double dynamique : d’une part, la capacité du Yarha à voir au-delà des frontières et à valoriser des performances venues d’horizons divers ; d’autre part, la façon dont une interprétation précise peut donner un rayonnement international au festival lui-même. Récompenser Jasmyne Basile Hébert, c’est rappeler que la qualité d’un jeu féminin est un langage universel — il franchit les frontières et dialogue avec des publics variés.

2024

En 2024, la tendance se poursuit mais se nuance : Khady Mané reçoit le prix pour sa performance dans Banel et Adama (Ramata-Toulaye Sy, Sénégal). Ce choix montre que Yarha aime récompenser des interprétations qui tissent tradition et modernité, personnages ancrés et parcours introspectifs. L’actrice primée y incarne une épaisseur psychologique qui transforme le récit en expérience sensoriale — la récompense saluant la capacité d’un rôle féminin à cristalliser les tensions sociales et affectives d’un film.

2025

Enfin, en 2025, la victoire d’Elsie Abang pour The Wall Street Boy, Kipkemboi (Charles Uwagbai) illustre l’amplitude du palmarès : Yarha récompense des actrices dont les performances servent tant la comédie que le drame, tant le cinéma social que les formes populaires. La lauréate 2025 représente la manière dont le prix a élargi son spectre stylistique tout en maintenant un niveau d’exigence : intensité, justesse, vérité scénique.

2026

Le prix de la Meilleure Interprétation Féminine Yarha 2026 couronne le talent de la Camerounaise Cynthia Elisabeth Ngono. Sa performance magistrale dans le film Malgré Tout (réalisé par Enah Johnscott) a bouleversé le jury par sa justesse et sa profondeur émotionnelle. Cette récompense souligne l’excellence du jeu d’acteur féminin au sein du cinéma contemporain et propulse l’actrice sur la scène internationale.

2019

Le signal est donné dès 2019 : le palmarès mentionne Rady Gamal, récompensé pour Yomeddine (Égypte). L’apparition du prix à cette édition et le choix d’un acteur venu d’un cinéma arabe montrent immédiatement deux choses : d’une part, Yarha reconnaît le travail d’interprétation là où qu’il se manifeste ; d’autre part, le festival se positionne comme un carrefour international, prêt à primer des interprètes dont la langue, la culture ou l’origine diffèrent des attendus locaux. Rady Gamal, en tant que lauréat inaugural de la période que nous retraçons, incarne l’idée que l’interprétation au Yarha n’est pas seulement une question de technique : c’est la capacité à habiter un rôle et à le rendre universel.

2020

En 2020, la récompense revient à Jeffrey Epullé pour Virgin Blade (Cameroun). Ce choix marque un basculement important : après une ouverture internationale, le festival affirme aussi son devoir d’ancrage. Primé dans son pays d’origine, Jeffrey Epullé symbolise la façon dont Yarha met en lumière les visages locaux — ceux qui portent des récits ancrés socialement et culturellement. Pour un acteur camerounais, décrocher ce prix signifie d’un coup une visibilité accrue, une légitimation professionnelle et un levier pour d’autres rôles ou coproductions.

2023

Le rebond international se produit à nouveau en 2023 : Charifbek Zakirov obtient le prix pour Nartaï (Kazakhstan). La victoire d’un acteur kazakh confirme une tendance lourde au Yarha entre 2019 et 2025 : le festival combine désormais deux vocations simultanées — soutenir les talents locaux et reconnaître des performances étrangères remarquables. En couronnant Zakirov, le jury fait savoir que l’excellence du jeu n’a pas de frontières et que la sensibilité du public camerounais sait accueillir des expressions très diverses de la justesse dramatique.

2024

L’édition 2024 est particulièrement significative parce qu’elle consacre deux lauréats masculins : Zakaria Inan pour Mica (Maroc/France) et Pharraddin Kairat-Kemalov pour Lonely Yurt (Kazakhstan). Ce double lauréat illustre plusieurs réalités du prix au Yarha : d’abord la plasticité des critères — le jury peut distinguer simultanément deux types d’interprétation (par exemple une performance intimiste et une performance plus physique ou formelle) ; ensuite l’ouverture géographique qui va du Maghreb à l’Asie centrale ; enfin la volonté du festival d’encourager pluralité et nuance plutôt que d’imposer une hiérarchie stricte quand plusieurs jeux se répondent et se valent. Attribuer le prix à deux comédiens la même année rend compte d’un positionnement mûr : le Yarha sait reconnaître l’accomplissement là où il survient, même s’il y a plusieurs « sommets » possibles dans une édition.

2025

En 2025, la récompense revient à Otia Vitalis pour Dead Man’s Wish (réalisé par Tebo Njei). Ce choix ancre à nouveau le prix dans la logique du soutien aux talents qui incarnent la création régionale et qui permettent au cinéma local de rayonner. Otia Vitalis, par sa distinction, illustre la fonction la plus immédiate du prix : donner à un visage la capacité de porter la communication d’un film, d’attirer des programmateurs, et d’ouvrir des portes vers d’autres festivals et diffuseurs.

2026

Lors de la 12ème édition du Festival Yarha (2026), la mention spéciale de la meilleure interprétation masculine a été décernée à l’acteur Mouetcho Joseph. Il a été récompensé pour son rôle marquant dans le film camerounais Malgré Tout, réalisé par Enah Johnscott. Sa performance a contribué au succès global de cette œuvre, également honorée par le prix de la meilleure réalisation.

2021

Les débuts documentés du prix apparaissent en 2021 sous une forme ciblée : « Meilleur Court Métrage Camerounais ». Ce cadrage national annonce la vocation essentielle du Yarha : servir d’incubateur à la nouvelle vague locale, en offrant au format court une scène prestigieuse à Yaoundé. Cette année-là, Nene Fembe est distingué pour Ngondo’h. Le message est clair : le court métrage n’est pas traité comme une “petite forme”, mais comme un laboratoire d’écriture et de mise en scène. Le trophée joue alors le rôle de tremplin de carrière : visibilité médiatique, légitimité auprès des partenaires, et crédibilité supplémentaire pour la circulation en festivals.

2023

En 2023, toujours avec la mention « Camerounais ». Fabrice Bekono s’impose avec Jéricho. Le choix confirme la stratégie du festival : ancrer le prix dans l’écosystème national, stabiliser la filière courte (auteurs, producteurs, techniciens) et créer un palier d’accès vers des formats plus longs. En consolidant deux éditions (2021, 2023) autour de projets camerounais, le Yarha assume son rôle de pépinière : détection, exposition, et professionnalisation.

2024

Le véritable tournant se joue en 2024. La mention devient « YARHA PRIX DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE », sans précision de nationalité, et le lauréat est Lynno Lovert pour A Cry from the Forest (Cameroun). Cette transformation sémantique n’est pas anodine : elle traduit l’ambition d’ouvrir la catégorie à une compétition plus large, tout en continuant de consacrer des signatures locales. C’est la preuve d’un double mouvement : garder le cœur au Cameroun et inscrire la section dans une grammaire panafricaine et internationale. Le court métrage devient alors un label d’excellence Yarha en soi : concision dramatique, efficacité du montage, direction d’acteurs précise, et capacité à proposer, en peu de minutes, une vision de cinéma cohérente.

2025

En 2025, l’élan se confirme : Achraf Ajraoui remporte Meilleur court métrage avec La Sirène se marie. Même si l’intitulé redevient factuel (« Meilleur court métrage »), l’esprit reste celui de 2024 : le prix n’est plus seulement un podium local, il est une vitrine d’envergure. La présence d’un lauréat non explicitement étiqueté “camerounais” dans le texte fourni suggère l’élargissement du rayon d’attraction : les courts métrages distingués par Yarha peuvent désormais dialoguer avec la région et au-delà, tout en demeurant lisibles pour le public de Yaoundé.

2026

Le court-métrage libyen Rise, out of surveillance, réalisé par Osama Rezg, a remporté le Yarha d’Or 2026 dans sa catégorie. Cette œuvre audacieuse a séduit le jury par sa mise en scène innovante et sa réflexion percutante sur la surveillance moderne. En récompensant ce film, le festival confirme son rôle de tremplin pour les cinéastes explorant des langages visuels originaux et des thématiques contemporaines fortes au sein du cinéma africain.

2024

La première apparition nette du prix dans nos sources est la consécration de Laissés pour compte, réalisée par Tobona Nephtalie Tyrana et explicitement identifiée comme camerounaise. Que le Yarha mette en lumière un documentaire local à ce tournant est lourd de sens : le festival choisit d’engager sa scène publique sur des sujets de proximité et de donner à ces films un statut de « machine à faire voir » les réalités sociales du pays. Le titre même — Laissés pour compte — suggère des trajectoires humaines marginalisées ; le prix, en l’occurrence, fonctionne comme un amplificateur : il permet au film d’accéder à des réseaux de diffusion, d’attirer l’attention de programmateurs et d’ouvrir la porte à des dispositifs de financement, de diffusion télévisuelle ou de résidence. La récompense valide aussi le travail d’enquête, l’éthique du film et la nécessité d’un cinéma documentaire qui tient le réel sans l’exploiter.

2025

L’année suivante, le prix revient à Le Taxi, le cinéma et moi de Zampaligne Salia. Le titre évoque une forme de documentaire intime ou autofictionnel qui relie un geste quotidien (le taxi) à la passion du cinéma — une manière de faire du cinéma un prisme pour lire la vie sociale. Là encore, le fait que Yarha récompense ce type d’écriture documentaire traduit deux tendances : la reconnaissance des formes personnelles et subjectives du documentaire (récit-essai, portrait de terrain, journal filmé) ET la volonté d’élargir la définition de ce que peut être un « documentaire » au festival. Le prix valorise non seulement le propos mais la manière dont le cinéaste construit l’espace filmique — images captées sur le vif, montage réflexif, choix sonores documentaires — et offre à l’auteur une visibilité institutionnelle forte.

2026

Le Yarha d’Or du meilleur documentaire 2026 a effectivement été décerné au film I Boyoro du réalisateur malien Abraham Kamara. Ce documentaire puissant a été distingué pour sa capacité à traiter un sujet de société avec une grande justesse, s’inscrivant parfaitement dans le thème de l’excellence et de l’innovation de cette année.

2019

Tout commence en 2019, où la mention disponible dans le palmarès indique que la Meilleure musique originale revient à Keteke de Péter Sedufia (Ghana). Le geste est significatif : dès ses premières apparitions, le prix couronne une musique pensée comme moteur narratif, intégrée à l’architecture du film — plus qu’un habillage, une manière de donner au récit son rythme et sa couleur. Que la récompense porte sur Keteke suggère que le jury a remarqué la façon dont la bande-son infuse l’espace du film, façonne ses plans et prolonge sa mémoire collective.

2020

En 2020, le prix prend une forme plus visible : il est explicitement décerné à Mr Léo pour la musique du long métrage Virgin Blade (Cosson Chinepoh). Ici, la signature d’un artiste identifié par son nom constitue un tournant : Yarha n’honore plus seulement la musique anonyme du film, il met en lumière le créateur musical. Le fait que la distinction ait été attribuée à une personnalité musicale connue pour son travail populaire montre la volonté du festival de reconnaître les ponts entre musique dite « commerciale » et musique de film — l’articulation entre succès d’audience et exigence narrative. Le prix valorise la capacité d’un compositeur / auteur-interprète à traduire l’intensité dramatique en motifs sonores mémorables, et montre que la bande-son peut contribuer fortement au rayonnement du film.

2024

On retrouve la musique primée dans les années récentes : en 2024, le Yarha de la Meilleure Musique de Film revient à Ekie Bozeur pour La Grotte Sacrée (Cameroun). Ce choix manifeste une autre facette de l’évolution du prix : la mise en lumière de compositeurs et créateurs ancrés dans les esthétiques locales. Récompenser Ekie Bozeur illustre la reconnaissance d’une écriture musicale qui articule textures locales et exigences filmiques, qui sait jouer des ambiances (silence, respirations, leitmotivs) pour soutenir l’imaginaire visuel. Le prix, ici, récompense non seulement la qualité technique de la composition mais surtout son insertion dramaturgique — la manière dont la musique oriente le regard et intensifie la perception des scènes.

2025

En 2025, la musique reçoit une nouvelle consécration visible : Meilleure musique de film pour Ni chaînes, ni maîtres de Simon Moutairou (film qui remporte également d’autres distinctions). Le fait qu’un même film soit salué à la fois pour sa direction artistique globale et pour sa musique signale l’importance accordée à la synergie entre image et son : la bande-son ne vient plus après coup, elle participe de la conception même du film. Récompenser Simon Moutairou, c’est saluer l’innovation — la manière dont la composition peut servir un propos, inventer des motifs sonores propres au film et renforcer son originalité esthétique.

2019

Le prix est décerné à Richard Djif, scénariste et réalisateur camerounais, pour son film La ligne invisible. Cette œuvre explore les frontières morales de la justice populaire et les dilemmes liés à la vengeance. Djif, connu pour son engagement envers un cinéma social, a été salué pour sa capacité à mêler tension dramatique et regard humaniste.
Valeur ajoutée : Cette distinction a mis en lumière la qualité croissante du cinéma camerounais et a permis au film de circuler dans plusieurs festivals africains et européens.

2020

Le trophée revient à Aché Coelo, scénariste tchadienne, pour son film Les Éclats du Silence, une fresque sur les femmes victimes de violences dans les zones de conflit. La précision documentaire du récit alliée à une construction dramatique émotive a marqué le jury.
Impact : Ce prix a permis à Coelo d’obtenir un appui pour le développement de son prochain projet et a renforcé la reconnaissance du cinéma tchadien engagé.

2021

Récompense attribuée à Franck Moka, scénariste congolais, pour Terres Brisées, qui traite des tensions minières et des fractures sociales en République Démocratique du Congo. Son écriture subtile, mêlant destins personnels et critique politique, a impressionné.
Conséquence : Le prix a servi de tremplin, offrant à Moka des collaborations internationales avec des producteurs francophones.

2023

Le prix revient à Mahamat-Saleh Haroun, figure majeure du cinéma africain, pour un scénario poétique sur l’exil et la jeunesse tchadienne. Ce retour d’un maître de l’écriture cinématographique a consolidé le prestige du prix Yarha, attirant l’attention des critiques internationaux.

2025

Attribué à Clarisse Ngue, jeune scénariste camerounaise, pour Le Dernier Rivage, un récit écologique où l’intime rencontre le global. Ce choix symbolise la volonté du festival de soutenir la nouvelle vague d’auteurs africains attentifs aux enjeux planétaires.
Effet : Grâce à ce prix, Ngue a intégré un programme de résidences d’écriture en Europe et en Afrique, préparant son premier long métrage produit à l’international.

2024

Ce prix consacre Cyrille Masso et Daniel Minlo pour leur travail sur La Grotte Sacrée. Il s’agit d’un film dont la réussite visuelle et narrative repose sur une production exigeante, probablement en milieu difficile (un décor naturaliste, peut-être rural ou isolé). Récompenser ces deux professionnels, c’est reconnaître qu’un film ne tient pas seulement à la caméra ou aux acteurs, mais aussi à l’expertise logistique, la coordination technique, la gestion de plateau — bref, à la savoir-faire de ceux qui concrétisent la vision du réalisateur.

2025

L’année suivante, le prix revient à Tebo Njei, pour son implication dans Dead Man’s Wish. La nature « professionnelle » de son rôle (non précisée, mais cruciale) suggère une fonction centrale — producteur, directeur de production, ou technicien clé — qui a permis au film d’atteindre sa force narrative et esthétique. Le choix de Tebo Njei rappelle que chaque succès de film est tissé à plusieurs mains, souvent invisibles, mais essentielles.

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